BLOG - FRAGILITÉ

Vieillir heureux

Billet ajouté le 15 janvier 2020 à 16h32

Pas facile de bien vieillir dans une société qui cultive toutes les valeurs liées à la jeunesse. Pourtant, cela s’apprend. Ce n’est ni renoncer ni résister, mais accepter de vivre toutes les étapes en conscience, accompagner les changements et explorer d’autres facettes de soi. Le spectre de la maladie, de la précarité matérielle et affective, tout cela contribue à nous faire appréhender la vieillesse comme une épreuve à surmonter, davantage qu’une saison à savourer.

 

La grande découverte, c’est que plus on a de centres d’intérêt qui nourrissent l’intériorité psychique, plus on écarte les risques d’effondrement de soi liés aux contraintes de l’âge. » La psychothérapeute Catherine Bergeret-Amselek souligne l’importance d’une relation pacifiée avec son corps : « Le bien-être est un état d’esprit, mais il est aussi affaire de sensations. Même si nous n’avons pas appris auparavant à nous faire du bien physiquement, nous pouvons amorcer un processus de changement.

 

Un pas vers les autres

La psychanalyste met en avant un facteur déterminant pour bien vieillir : aller vers les autres et dans le monde. Il faut cultiver le goût des autres, investir son énergie dans la créativité. Cela exige de se mettre vraiment à l’écoute de soi. » Même conception chez François de Singly, qui voit dans l’élaboration de projets personnels une façon de concilier activité, sens et plaisir : « L’un des secrets réside dans le fait de se donner, alors que l’on est professionnellement actif, des projets exprimant des modalités de soi qui ne sont pas monnayables sur le marché. »    

Activités artistiques, sportives, humanitaires, associatives. Les possibilités sont multiples, une seule condition est requise :« Que la compétition existe dans le projet, mais ne l’étouffe pas. » Vivre dans l’échange, transmettre son savoir, prendre soin de ceux que la vie a moins bien traités que soi… Autant de voies d’épanouissement qui garantissent non pas de rester jeune, mais – l’enjeu est autrement plus important – de rester vivant.

 

Les  3 « R » : Regrets, remords, rancune. Des poisons qui pèsent de plus en plus lourd en vieillissant et dont il est urgent de se débarrasser.

Marie de Hennezel, psychologue clinicienne nous livre 5 clés pour une vie accomplie, une vie apaisée :

 

·      Méditer sur sa finitude « et si c’était aujourd’hui ma dernière journée ? »

·      S’alléger des 3 R en faisant le ménage de ce qui nous encombre, accepter les pertes

·      Apprivoiser la solitude en travaillant à être bien avec soi,

·      Prendre soin de soi physiquement et mentalement

·      Faire de la place à sa source de joie (la nature, les enfants, le plaisir de transmettre, ..)

 

Pour aller plus loin découvrez les chroniques Bien vieillir de Marie de Hennezel https://audienslemedia.org/accueil/chroniques-de-marie-de-hennezel.html

Ainsi que son dernier livre : « Si vieillir libérait la tendresse », In Press, 2019, en coll. avec Philippe Gutton.

 

Avec le temps, l’authenticité, comme valeur, prend de plus en plus le pas sur la jeunesse et la beauté à tout prix. Lâcher prise, acquérir plus de sagesse, gagner en connaissance de soi, concentrer son désir et son énergie sur les projets qui nous tiennent vraiment à coeur, c’est ce que vieillir peut nous offrir de meilleur.

Il est important de se rappeler régulièrement que vieillir est une chance que plusieurs n ‘auront pas.

 

Sources : Marie de Hennezel et la psychanalyste Catherine Bergeret-Amselek

https://www.psychologies.com/Bien-etre/Prevention/Bien-vieillir/Articles-et-dossiers/Des-30-40-50-ans-Bien-vieillir-ca-s-apprend/Bien-vieillir-a-la-decouverte-de-soi#2 - https://www.psychologies.com/Bien-etre/Prevention/Bien-vieillir/Articles-et-dossiers/J-ai-appris-a-accepter-de-vieillir