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Les peurs nocturnes

Billet ajouté le 27 février 2019 à 15h45

Au coucher du soleil, les personnes âgées ressentent des peurs, un peu comme les nourrissons à l’aube de leurs premiers mois…

 

Prenons par exemple le cas d’une femme de 86 ans qui souffre de démence. Durant la journée, cette pathologie la plonge dans un état de confusion mais la nuit, les troubles s’amplifient considérablement. Elle est terrifiée par l’obscurité, ne sachant plus ou elle se trouve ni avec qui.

 

En dehors des villes, une personne âgée, plus isolée, peut également souffrir de peurs nocturnes. Elle peut imaginer être à la merci de cambrioleurs, ou totalement seule en cas d’urgence et ces situations engendrent alors de vraies crises d’angoisse.

 

Bien que les causes soient physiques, psychologiques ou relatives à une maladie telle qu’Alzheimer ou autre forme de démence, il a été prouvé qu’à la nuit tombée, les personnes âgées étaient terrifiées et en particulier celles qui vivaient seules.

Les  causes des peurs nocturnes sont à l’origine des changements physiologiques liés au vieillissement et conduisent à l’insomnie la plupart du temps.

 

Dans un sondage mené par Gallup en 2005, sur un groupe de 1000 individus âgés de plus de 50 ans, moins de la moitié (environ 32%) confient avoir un bon sommeil durant les 7 jours de la semaine. Les autres déclarent que le sommeil est plus important que les relations interpersonnelles.

L’étude a démontré qu’un certain nombre de facteurs, y compris l’inquiétude, expliquaient en partie ces désordres nocturnes.

 

Les problèmes de sommeil chez la personne âgée trouvent leur source dans de nombreux facteurs. Il y a les changements physiologiques liés à l’âge, comme les phases décroissantes du temps passé à dormir dans certaines séquences de sommeil ou les symptômes d’une maladie qui empêchent le senior de se reposer.

Pour certains qui souffrent d’une insuffisance cardiaque, la position allongée sera délicate. Pour d‘autres, la douleur liée à l’arthrose les réveillera régulièrement.

 

Les médicaments prescrits pour certaines maladies peuvent également entraîner des difficultés d’endormissement, de même que les problèmes de prostate conduisent un senior à se lever plusieurs fois dans la nuit. Tous ces types d’interventions nocturnes fragmentent le sommeil et ouvrent la porte à l’insomnie.

On estime ainsi que ce n’est pas nécessairement le processus de vieillissement qui perturbe le sommeil des patients mais bien les changements physiologiques qui accompagnent celui-ci.

À cela viennent s’ajouter les maladies, les troubles psychiatriques et les fluctuations dans les rythmes circadiens. Ces rythmes déterminants dans l’équilibre du sommeil évoluent au fur et à mesure que l’âge avance.

 

Mais indépendamment des recherches médicales et des éventuelles solutions, les statistiques indiquent que de plus en plus de personnes âgées consomment des médicaments pour vaincre leurs troubles de sommeil. Or, bien qu’il existe un nombre illimité de somnifères sur le marché, les médicaments censés améliorer le sommeil ne seraient pas la meilleure réponse aux aînés.

 

En effet, tous ces remèdes peuvent entraîner davantage de confusion, de troubles et de désorientation chez la personne âgée et en particulier pour celle qui souffre de la maladie d’Alzheimer dont les symptômes peuvent être amplifiés.

Bien que les tourments des personnes atteintes de démence ou autres pathologies mentales soient différents des autres, il n’en résulte pas moins que l’angoisse psychologique apparaît avec l’âge au moment du coucher.

La nuit, les aînés sont souvent anxieux car ils s’imaginent étant la proie de toutes sortes d’individus malfaisants et leur esprit ressasse davantage les choses négatives ou tristes.