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Huit signaux d’alerte qui indiquent qu’un aidant a besoin d’une pause

Billet ajouté le 02 septembre 2019 à 12h39

Comment repérer  que vous êtes surmené et épuisé ?

Le stress et l’épuisement sont les symptômes les plus courants rencontrés par ceux qui s’occupent de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Et, en retour, le stress de l’aidant peut provoquer chez le patient un certain laisser-aller.

 

Faites état de votre niveau de stress en faisant l’inventaire des symptômes physiques et émotionnels qui vous habitent. Pour obtenir de meilleurs résultats, demander à quelqu’un de proche ou à  un être aimé de répondre à ces questions afin de connaître leur regard extérieur à votre sujet.

Il n’y a pas vraiment de protocole pour définir le niveau de stress, mais dans cet exercice de questions –réponses, si les oui excèdent les non, vous devez considérer votre état et prendre les mesures qui s’imposent pour votre bien être et celui de la personne dont vous avez la charge.

 

Questions rapides 

  • Perdez-vous votre calme facilement ?
  • Vous sentez vous en colère envers votre parent ?
  • Vous sentez vous irrité envers d’autres membres de la famille ?

 

Un des signes les plus évidents du stress est le manque de calme et d’apaisement. La frustration peut s’aggraver lors de situations imprévues ou de nouveaux obstacles à surmonter.

 

L’épuisement émotionnel 

  • Pleurez-vous souvent et de façon inattendue ?
  • Ressentez-vous du  désespoir ?
  • Avez-vous d’importants changements d’humeur ?

 

Il est normal d’éprouver du chagrin  face à un parent qui décline. C’est aussi naturel de devoir gérer ces émotions compliquées qui font que l’on doit pour un temps devenir le parent de son propre parent. Mais si votre sensibilité s’aggrave et que vous vous sentez fragile, il y a sans doute autre chose qui couve. La dépression est un véritable risque encouru par les aidants. Même si vous n’êtes pas cliniquement dépressif, l’épuisement émotionnel peut être la cause d’un sentiment de surmenage.

 

Les troubles du sommeil

  • Avez-vous des difficultés à vous endormir ?
  • Avez-vous du mal à rester éveillé ?
  • Vous réveillez vous fatigué ?

 

Les aidants, surtout à plein temps, doivent fournir des efforts physiques, même à un stade précoce de la maladie. Mais si votre parent est alcoolisé, erre la nuit ou ne dort que par intermittence, vous perdez l’occasion de vous reposer en plus du travail que vous accomplissez toute la journée. Les difficultés à s’endormir ou à rester en éveil sont également causées par le stress, l’anxiété et la dépression.

 

Le poids initial change

  • Avez-vous récemment pris du poids ?
  • Avez-vous récemment perdu du poids ?

 

Pour certaines personnes, le stress peut diminuer le poids, surtout si elles ne prennent pas le temps de s’alimenter de façon régulière et équilibrée. L’anxiété diminue également l’appétit.

Pour d’autres, se sentir stressé ou coupable entraîne une prise de poids ou des comportements alimentaires néfastes pour la santé. Le grignotage, manger sur le pouce, les snacks ou les fast-food sont autant de facteurs aggravants et inhérents à la prise de poids. Tous ces changements d’habitudes alimentaires et de sommeil sont également  des  signes de dépression.

Si vous avez pris ou perdu entre 5 et10 kilos depuis que vous vous occupez d’un parent, c’est que votre corps vous envoie un signal et qu’il est temps de vous faire aider.

 

La léthargie

  • Avez-vous du mal à vous motiver ou à faire des choses ?
  • Vous sentez vous paresseux ou fatigué même après une bonne nuit de sommeil ?
  • Est-il difficile de se concentrer quand vous lisez ou entreprenez un exercice intellectuel ?
  • Vous ennuyez-vous ?

 

S’occuper d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer implique une constante vigilance et une activité soutenue. Donc, si vous ne vous sentez pas au meilleur de votre forme, il sera délicat d’accomplir les tâches nécessaires à cette charge. Il se peut que dans votre rôle d’aidant, vous soyez confronté à des missions compliquées comme vous occuper des comptes de vos parents ou de la partie administrative et financière.

 

Parfois, les habitudes et les comportements obsessionnels, dans lesquels une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer se réfugie, peuvent devenir suffocants pour un adulte en bonne santé. Ces habitudes vous accommoderont la journée lorsque vous prendrez soin de votre parent mais  pourront également vous entraîner dans une routine étouffante et monotone.

 

 

Les signes physiques

  • Avez-vous souvent des migraines ?
  • Avez-vous des rhumes à répétition ?
  • Est-ce que votre cou ou votre dos vous fait souffrir ? Ou ressentez-vous d’autres douleurs chroniques?
  • Faites-vous de l’hypertension ?

 

Le stress mental et émotionnel peut développer des troubles physiques. Par exemple, le stress provoque de nombreuses migraines, plus fréquentes, plus tenaces ou plus fortes  qu’auparavant. Dans une situation de stress, votre corps est toujours en alerte, rejetant des doses excessives d’hormones qui provoquent beaucoup d’effets secondaires. A ce titre, les aidants sujets au stress peuvent également souffrir de troubles vasculaires, d’hypertension, d’ulcères, de frissons et courbatures ou de tensions dans les muscles.

 

L’isolement social

  • Passez-vous parfois une journée entière sans voir un autre adulte autre que votre parent à charge ?
  • Avez-vous abandonné vos activités sociales pour vous occuper de votre parent ?
  • Depuis combien de temps n’avez-vous pas pris une journée entière, rien que pour vous ?
  • Sentez-vous que personne ne vous comprend ?
  • Sentez-vous parfois qu’aucun autre membre de la famille ne s’occupe autant que vous de votre parent ?

 

Sortir est parfois difficile quand on s’occupe d’un parent qui prend tout notre temps et vous sentez probablement que vous manquez de temps pour votre vie personnelle. Vient sans doute s’ajouter le fait que vous soyez embarrassée depuis le changement de comportement de votre parent et sortir en public devient trop difficile à gérer. Que cela soit intentionnel ou non, vous vous repliez sur vous-même. Malheureusement, l’isolation favorise le stress, si bien que parler avec les autres et prendre du temps pour soi sont des priorités nécessaires à l’épanouissement personnel.

 

Les plaintes de la famille

  • Avez-vous déjà été accusé d’être un  « tyran » ?
  • Vous a-t-on déjà dit que vous ne passiez pas assez de temps avec votre conjoint ou vos enfants ?
  • Est-ce que les disputes à propos des soins de  vos parents  vont en s’accroissant ?

 

C’est une tentation fréquente, et de surcroît une erreur, de croire que vous pouvez assumer l’entière responsabilité de la prise en charge d’un parent âgé : cette tentation est d’autant plus forte que tout vous semble sous contrôle et que les choses ne vont pas si mal. Le déni est un sentiment de toute-puissance. Quand vous êtes au cœur des choses, il est parfois difficile de prendre du recul et de tenir compte des opinions extérieures.

 

Écouter l’avis d’un tiers peut se révéler très bénéfique même s’il n’est pas aussi expert que vous. Ce qui sonne comme une critique ou une plainte doit vous indiquer que vous devez reconsidérer les choses sans pour autant vous sentir attaqué.

 

Il faut savoir que l’on peut vraiment se mettre en danger lorsque l’on s’occupe d’une personne atteinte d’Alzheimer. Chaque aidant devrait être assisté dans cette douloureuse tache.

 

Répartissez les taches avec les autres membres de la famille, partagez les dépenses, faîtes appel à des organismes spécialisés pour vous soulager et acceptez le fait que vous ne pouvez pas vous occuper seul d’un parent malade d’Alzheimer, au risque de perdre votre propre santé.